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Sommet de l’Union africaine : João Lourenço met en garde contre la légitimation des coups d’État par les urnes

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Lors du récent sommet de l'Union africaine, le président angolais, João Lourenço, a exprimé sa vive inquiétude face à une tendance grandissante sur le continent : la tentative de donner une apparence de légitimité aux coups d'État à travers l'organisation d'élections. Pour lui, ces processus électoraux, organisés après des prises de pouvoir par la force, ne doivent pas servir à « blanchir » des changements anticonstitutionnels.

p>Cette situation ravive les critiques contre l'Union africaine, accusée de manque de cohérence dans ses réactions. Certains pays auteurs de coups d'État font l'objet de sanctions strictes, tandis que d'autres semblent bénéficier d'une plus grande indulgence, notamment lorsque des intérêts diplomatiques ou stratégiques entrent en jeu. Cette gestion variable nourrit un sentiment d'injustice et renforce l'idée d'un traitement différencié, parfois perçu comme influencé par des partenaires extérieurs.

Une crédibilité fragile

Ces contradictions internes diminuent la portée de la doctrine de « tolérance zéro » pourtant affichée par l'organisation panafricaine. À mesure que les putschs se multiplient, la capacité dissuasive de l’Union africaine semble s’éroder, laissant place à une forme de banalisation des changements de régime par la force.

Dans un contexte international marqué par de profondes mutations, notamment depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, cette fragilité apparaît encore plus préoccupante. Le système géopolitique et économique mondial, longtemps dominé par les puissances occidentales, est aujourd'hui remis en question, sans pour autant avoir permis à l'Afrique de résoudre ses crises ni de s'imposer comme un acteur majeur.

Le défi de l'unité africaine

Face à ces transformations, l’Afrique se trouve à un tournant décisif. Sans une position commune forte et une volonté politique partagée, le continent risque de voir ses intérêts relégués au second plan dans le nouvel équilibre mondial en construction.

L’enjeu dépasse la simple question institutionnelle. Il s'agit pour les États africains de parler d'une seule voix afin de peser sur les décisions internationales et de garantir leur souveraineté. À défaut, le continent pourrait continuer à subir les conséquences des grandes rivalités mondiales, plutôt que d'en être un acteur influent.

Ce constate relancer le débat sur la nécessité pour l'Union africaine de renforcer sa cohésion et d'appliquer ses principes avec constance, afin de restaurer sa crédibilité et de préserver l'avenir politique du continent.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


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